Effectuation, l’entrepreneuriat pour tous ! Partie 3

24 février 2014

Effectuation, l’entrepreneuriat pour tous ! Partie 3

Salutations à vous chers lecteurs !

Après un long silence dû à des raisons scolaires, je termine enfin cette série concernant l’effectuation.

Il sera question dans ce billet de vous expliquer l’approche par la « co-construction ».

Mais avant de rentrer dans le vif de notre sujet, permettez-moi de vous parler de quelques aspects de l’effectuation qui me semble tout aussi important que les principes car en faisant partie.

Il s‘agit principalement du rôle des parties prenantes et de la notion de projet viable.

Le rôle de parties prenantes

Le rôle des parties prenantes est primordial dans la réussite d’un projet entrepreneurial. En  effet, l’entrepreneur démarre avec ses propres moyens et définit des buts possibles. L’interaction avec son entourage va lui permettre de susciter l’engagement de parties prenantes.  Et ce sont ces engagements qui apportent de nouveaux moyens et qui à leur tour permettent de définir de nouveaux objectifs.

Ainsi à la fin de ce processus, l’entrepreneur crée un marché, une entreprise ou un produit. Si l’entrepreneur n’arrive pas à obtenir d’engagement, le projet est dans une impasse.

La notion de projet viable

Pour qu’un projet soit viable, il faut qu’il suscite l’adhésion d’un nombre croissant de parties prenantes.  C’est cette dynamique sociale qui marque la viabilité du projet. L’adhésion d’une nouvelle partie prenante apporte de nouvelles ressources au projet, qui vont permettre de définir de nouveaux objectifs.

Il ne s’agit pas d’avoir une grande idée pour chercher ensuite à la mettre en œuvre, mais d’organiser un processus qui fera non seulement émerger une idée mais inscrira celle-ci dans la réalité. La réflexion, l’action et  la recherche de parties prenantes qui s’engagent sont les trois axes que les entrepreneurs développent simultanément. L’un ne peut aller sans l’autre. Analysez mois et agissez plus !!

Revenons-en à l’approche par co-construction…

La logique effectuale recommande aux entrepreneurs d’entrer le plus tôt possible en action, en partant du principe que seule l’action est source de nouveauté. Elle recommande aussi de susciter l’adhésion des parties prenantes à son projet car seule cette adhésion crée une dynamique et démontre la viabilité du projet.

Vous venez de créer un nouveau produit et vous allez le présenter à un client. Tout se passe bien, le client estime que votre produit est assez intéressant mais il ajoute qu’il est prêt à le prendre si vous pouvez le faire en jaune alors qu’à l’origine votre produit est bleu.

Que faites-vous ?

Quatre possibilités s’offrent à vous :

1-      Vous adoptez le paradigme de l’adaptation, c’est-à-dire que vous retournez modifier le produit selon la convenance de votre client même si cela vous prendra un peu de temps et consommera d’autres ressources.

2-      Vous évoluer par segmentation : vous cibler d’autres clients qui pourront être intéressé par votre produit bleu et vous abandonnez le premier.

3-      Vous vous trouvez dans une dynamique visionnaire : votre produit  bleu représente l’avenir et donc votre client n’a rien compris. Vous investissez dans la communication et faites parler des experts pour défendre l’idée du produit bleu et non pas jaune.

4- Vous optez pour la co-construction : vous acceptez de modifier le produit mais vous vous accorder avec le client pour qu’il s’engage à se le procurer après les modifications. Ou bien même qu’il s’engage à en prendre plus.

Avant la démarche de con-construction, le produit est dans un état indéterminé : il est à la fois bleu pour vous et jaune pour votre client. L’approche par con-construction permet de déterminer sa couleur finale.

Ainsi l’incertitude est levée non pas par la prédiction, mais par le contrôle que deux acteurs décident d’exercer conjointement sur l’avenir.

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